Opiacés :
Présentation :
Il s'agit des drogues naturelles et de leurs dérivés synthétiques provenant du pavot.
L'opium, est obtenu à partir d'un suc épaissi, extrait des capsules de la plante de pavot. On peut également extraire de ce suc la codéine et la morphine. L 'héroïne, quant à elle, est une drogue synthétique dérivée de la morphine, enfin la méthadone est une drogue synthétique dérivée de l'opium.
L'opium se présente sous la forme de petits blocs de couleur brun foncé ou en poudre, il peut être ingéré ou fumé (après traitement) dans une pipe, dans ce cas il se présente sous forme de boulettes.
La codéine est utilisée comme analgésique, et se trouve sous forme de capsules, comprimés, suppositoires, sirops.
La morphine est utilisée comme analgésique, entre autres pour les soins postopératoires, et n'est jamais prescrite pour des longues durées. Elle se présente sous forme de comprimés, de poudre, de sirop ou de solution injectable. Comme la codéine, elle est parfois détournée de sa fonction d'anti-douleur dans le but d'obtenir des effets psychotropes ou de calmer un manque.
L'héroïne : Elle se présente sous forme de poudre soluble (blanche, brune, noire ou rose), elle est parfois prisée, humée (dragon) ou fumée, mais le plus souvent
elle est injectée par voie intraveineuse ou en intramusculaire , après avoir été dissoute et chauffée.
La méthadone : est utilisée actuellement, pour aider les personnes souffrant d'une dépendance à l'héroïne, elle est disponible sous forme de poudre soluble à prendre par voie orale. Son usage est parfois détourné à des fins de toxicomanies elle peut alors être injectée ou mélangée à d'autres psychotropes dont elle atténue cependant l'effet.
Les effets :
La consommation d' opium provoque une euphorie, une exaltation et une intense sensation de bien être, suivie d'un état de béatitude.
La morphine a plus ou moins les mêmes effets que l'opium, elle serait 5 fois plus puissante, mais l'effet est de plus courte durée.
L'héroïne procure un sentiment de détente, de déconnexion avec la réalité, de bien être, une impression de chaleur, de désinhibition, de relaxation. La consommation d'héroïne inhibe la douleur, les pulsions sexuelles (baisse de la libido très marquée), la faim, la soif…
La méthadone , contrairement à l'héroïne, ne donne pas de sensations intenses, mais plutôt une légère euphorie, de l'indifférence et une tendance à se replier sur soi. En dose suffisante, elle peut prévenir l'état de manque, et bloquer l'envie irrésistible de consommer des opiacés.
La codéine provoque un état de détente, d'euphorie légère et une modification des perceptions sensorielles.
L'effet produit par l'injection ou par l'inhalation d'un opiacé est immédiat, par contre s'il est pris par voie orale, les effets se font sentir de manière plus graduelle. Les effets d'une dose durent entre 2 et 30 heures, cela dépend de l'opiacé consommé et du consommateur, de son état de santé et de son seuil de dépendance et de tolérance. Les effets indésirables apparaissent dès les premières doses. Il s'agit classiquement d'un état d'agitation accompagné de nausées et de vomissements, constipation, d'une vasodilatation avec sensation de chaleur, d'un myosis, d'une sécheresse buccale et de sensations de lourdeur des extrémités. On note également un état de prostration. Le risque de dépression respiratoire avec décès est présent et ce d'autant plus que la dose consommée est importante. La dépendance aux opiacés peut s'installer dès la consommation des premières doses.
Dépendance, tolérance et autres complications liées à la prise d'opiacés:
Les dépendances physiques et psychiques aux opiacés sont très importantes. La dépendance physique se manifeste par un comportement compulsif de recherche de drogue afin d'obtenir les effets attendus. La dépendance psychique est liée à la notion de plaisir et d'autosatisfaction. Les toxicomanes consommateurs d'opiacés s'exposent à de graves complications psychiatriques avec une fréquence de survenue de troubles affectifs, de troubles anxieux et de pathologies psychiatriques graves comme des psychoses ou encore des schizophrénies, beaucoup plus importantes que chez les sujets ne consommant pas. D'autres complications somatiques d'ordre infectieux (SIDA, hépatites…), cardio-respiratoires, digestives, sexuelles, métaboliques menacent également le toxicomane aux opiacés sans compter les intoxications dues aux différents produits tels que la strychnine, la quinine, ou autres coupant fréquemment la drogue consommée.
Surdosage :
Le risque d'overdose mortelle est bien réel. L'overdose se caractérise par des troubles de conscience allant jusqu'au coma profond aréactif, un myosis serré en « tête d'épingle » (pupilles ponctiformes),une dépression respiratoire (bradypnée < 14 cycles/min) pouvant conduire à l'arrêt cardiaque anoxique ; un OAP – œdème aigu pulmonaire – par surcharge pulmonaire qui se manifeste par une bradypnée extrême, salive rose aérée et à l'auscultation pulmonaire des râles montants, une hypotension avec collapsus et choc cardiogénique par atteinte myocardique toxique, une hypothermie, une rhabdomyolyse. Une pneumopathie d'inhalation et des convulsions peuvent également survenir.
Prise en charge du toxicomane - Le sevrage :
La première étape consiste en l'arrêt du produit, avec l'apparition des manifestations de sevrage. Ces manifestations sont classiquement une profonde anxiété, une insomnie, des sueurs abondantes, des spasmes musculaires, des frissons, tremblements….
Ces symptômes peuvent apparaître 4 à 6 heures après la dernière dose et dure environ 7 à 10 jours. Les symptômes les plus marqués se situent dans les 36 à 72 heures après le début du sevrage et il faut au moins 6 mois pour que les symptômes disparaissent complètement. La prise en charge du syndrome de sevrage consiste en un traitement adapté aux manifestations cliniques de la dépendance pharmacologique, qui a pour objectif d'améliorer l'état général des patients et de faciliter la poursuite d'une prise en charge thérapeutique de longue durée.
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